Skip to main content

Hypnose Ericksonienne & PNL dans l’accompagnement thérapeutique : un levier doux mais puissant pour la qualité de vie


Hypnose  Ericksonienne & PNL dans l’accompagnement thérapeutique : un levier doux mais puissant pour la qualité de vie 




Par : Karima GUERFALI LAZZEM - BTA Coaching et Thérapies Brèves 

Note importante : - L’hypnose est un soin de support complémentaire ce n’est jamais une alternative aux traitements médicaux - ça s’intègre dans le parcours de soins toujours en accord et en communication avec l’équipe médicale traitante.

Quand la maladie bouscule tout — examens qui s’enchaînent, diagnostics qui tombent, traitements lourds qui s’installent — le corps et l’esprit cherchent instinctivement un point d’ancrage.


En séance, j’aime souvent dire au personne que j’accompagne :


« On ne contrôle pas la tempête… mais on peut apprendre à mieux tenir la barre. »


L’hypnose, associée à des outils issus de la PNL (langage des ressources, recadrage, ancrage, visualisation), constitue aujourd’hui ce gouvernail intérieur.

Elle aide à diminuer la douleur, à calmer l’anxiété, à favoriser l’acceptation de la maladie et à mieux tolérer les traitements, tout en restaurant un sentiment fondamental : celui de pouvoir encore agir sur son vécu.


Ces bénéfices ne relèvent pas d’une approche alternative marginale. Ils s’appuient sur des travaux menés et intégrés dans de grands centres américains de médecine intégrative et de recherche clinique, notamment le NCCIH/NIH, Stanford, MD Anderson, Cleveland Clinic et le réseau des hôpitaux de la Veterans Affairs [1][2][3][4][5].


Ce que dit la science (en bref)

Douleur aiguë et chronique

Les méta-analyses et essais contrôlés montrent un effet cliniquement significatif de l’hypnose sur la douleur (expérimentale et clinique), ainsi qu’une diminution de la consommation d’antalgiques autour des procédures médicales et chirurgicales [6][7].


Anxiété et détresse liées aux soins

L’hypnose permet de réduire l’anxiété dite « d’état » (avant examens, interventions, actes invasifs) et la détresse émotionnelle pendant les procédures médicales [8][9].


Oncologie – symptômes associés

Des essais randomisés, notamment chez des femmes traitées pour un cancer du sein, montrent une baisse significative des bouffées de chaleur, de l’anxiété, de la dépression et une amélioration du sommeil après plusieurs séances d’hypnose. Plus précisément après seulement 5 séances d’hypnose accompagnant le protocole médical suivi par ces femmes. 

C’est pour cette raison que de grandes institutions américaines de cancérologie intègrent aujourd’hui l’hypnose dans leurs programmes de soins de support [3][10].


Troubles fonctionnels et maladies chroniques

La « gut-directed hypnotherapy » (hypnose dirigée vers l’axe intestin-cerveau) est associée à une amélioration durable des symptômes et de la qualité de vie dans le syndrome de l’intestin irritable (IBS) et dans certains troubles fonctionnels digestifs [1][11].


Traumatisme et ESPT (PTSD)

Le réseau des hôpitaux de la Veterans Affairs documente l’utilisation de l’hypnose comme approche complémentaire dans les parcours de prise en charge du stress post-traumatique, notamment pour l’hyper-arousal, les reviviscences et certains phénomènes dissociatifs, en complément des thérapies de première intention [5][12].


Comment ça fonctionne (les neuro-mécanismes, simplement)

L’hypnose correspond à un état d’attention focalisée et d’absorption, dans lequel le cerveau modifie la manière dont il traite l’information sensorielle, émotionnelle et cognitive.

Les travaux de l’équipe de David Spiegel à Stanford montrent notamment :

  • une diminution de l’activité des réseaux impliqués dans l’hyper-surveillance et l’alarme,
  • une augmentation de la connectivité entre les régions de régulation corporelle et les régions de contrôle exécutif,
  • une diminution de l’activité du « réseau du bavardage interne » (default mode network).

Ces modifications expliquent en partie la réduction de la douleur, de l’anxiété et de la charge émotionnelle observée sous hypnose [4][13].


Comment l’hypnose améliore concrètement la qualité de vie

1) Accepter la maladie et retrouver ses ressources

En installant un état de sécurité intérieure par la relaxation et la focalisation attentionnelle, l’hypnose facilite ce que l’on appelle une acceptation active :

reconnaître la réalité du diagnostic et de ses conséquences, tout en se reconnectant à ce qui reste vivant, mobilisable et porteur de sens (forces personnelles, valeurs, relations, projets, spiritualité).

Les suggestions thérapeutiques, inspirées de la PNL (langage orienté solutions, métaphores de résilience, recadrage perceptif), réduisent l’évitement émotionnel et renforcent le sentiment d’auto-efficacité.

Les centres de médecine intégrative comme MD Anderson et Cleveland Clinic utilisent ces approches dans des programmes structurés de gestion du stress et d’éducation thérapeutique [2][3].


Partage de compte rendu d’une Expérience réelle d’accompagnement que j’ai effectué avec un patient suivi pour un Carcinum anaplasique stade 4 sous traitement très lourd d’immunothérapie et hormonothérapie : 


Un patient sous traitements lourds d’immunothérapie et hormonothérapie épuisé, inquiet de « ne plus être lui-même ».

Le commencement était avec un En état hypnotique léger, je l’ai guidé vers des ancrages ressources simples :

le souvenir d’une marche au bord de la mer, la sensation d’un souffle ample, la présence intérieure de ses proches.

Puis est venu ce recadrage très doux  :

« Le corps bataille… mais l’esprit peut encore choisir le cap. » 

pour ouvrir la route vers des séances plus ciblées plus profondes


Après trois séances, il décrivait moins de ruminations  le soir,  une sensation de maitrise et de ralentissement de la progression. Un rituel d’auto-hypnose avant chaque visite à l’hôpital, et surtout une capacité nouvelle à parler avec la maladie plutôt que contre elle. Et le plus important la maîtrise de la douleur et le non besoin de dose importante d’antalgiques ni d’opioïdes.  


2) Diminuer la douleur et les symptômes associés

L’hypnose agit à la fois sur la composante sensorielle et sur la composante émotionnelle de la douleur.

Par l’imagerie sensorielle, la dissociation contrôlée et la substitution de sensations, la perception du signal douloureux est modifiée : sa forme, son intensité et sa signification changent.


Les essais contrôlés et méta-analyses montrent une diminution de la douleur perçue, une réduction des traitements antalgiques et une amélioration globale de l’expérience de soin [6][7].


3) Mieux tolérer les traitements et leurs effets secondaires

• Bouffées de chaleur liées aux hormonothérapies

Les essais randomisés montrent une baisse importante de la fréquence et de la sévérité des bouffées de chaleur après quelques séances d’hypnose, avec des bénéfices associés sur le sommeil et l’anxiété [10].


• Procédures anxiogènes (biopsies, anesthésie, imagerie interventionnelle)

L’hypnose est associée à une diminution de la détresse émotionnelle, une meilleure coopération pendant les actes et une récupération plus sereine [8][9].

4) Gérer le stress post-traumatique et les déclencheurs

Utilisée comme adjuvant dans un parcours trauma-focused, l’hypnose permet d’installer des états d’alerte apaisée, de moduler les images intrusives et de renforcer les capacités d’auto-régulation (respiration, ancrages corporels, imagerie sécurisante).

5) Troubles fonctionnels et intestin irritable

Dans les parcours dits « gut-brain », l’hypnose dirigée vers le système digestif est utilisée avec des scripts spécifiques et des visualisations viscérales.

Les études montrent des bénéfices sur les douleurs abdominales, les ballonnements, le transit et la qualité de vie globale [1][11].


À quoi ressemble une séance (cadre pratico-pratique)


  1. Alliance et objectifs
    Clarifier les symptômes cibles (douleur, nausées, anxiété, sommeil), le contexte médical et les priorités du patient, en coordination avec l’équipe soignante lorsque cela est possible [2][3].
  2. Induction et approfondissement
    Respiration, focalisation sensorielle, comptage et imagerie thérapeutique ciblée.
    Les données issues de Stanford montrent comment cet état focalisé module les réseaux de la douleur [4].
  3. Suggestions personnalisées et PNL
    Langage orienté ressources, recadrage du vécu, ancrages sensoriels portables.
  4. Auto-hypnose
    Apprentissage d’un protocole court (5 à 7 minutes), à pratiquer avant les soins, au coucher ou lors des pics de symptômes.
    Les programmes hospitaliers encouragent cette co-responsabilisation du patient [2].
  5. Suivi et intégration
    Journal de pratique, ajustement des scripts et intégration progressive dans la vie quotidienne.


Durée et fréquence

Quatre à six séances sont souvent proposées pour un objectif précis, avec une pratique d’auto-hypnose entre les séances. Les bénéfices s’accumulent dans le temps selon les essais cliniques [6][10].


Questions fréquentes

Est-ce compatible avec les traitements anticancéreux ?

Oui. L’hypnose est un soin de support complémentaire et non substitutif, coordonné avec l’équipe médicale [1][3].


Et si “je n’y crois pas” ?

L’hypnose est une compétence attentionnelle, pas une croyance. Les recherches montrent que même une hypnotisabilité moyenne permet d’obtenir des effets antalgiques et anxiolytiques [4].

Y a-t-il des effets secondaires ?

Ils sont rares et le plus souvent bénins (fatigue légère, émotions transitoires). Certaines situations psychiatriques nécessitent une évaluation préalable et un travail en réseau [2].


Mini-script d’auto-hypnose (3 minutes)

Objectif : apaiser et se reconnecter aux ressources avant un soin.


  1. Assieds-toi confortablement, yeux mi-clos.
    Allonge l’expiration deux fois plus longtemps que l’inspiration.
  2. Pose une main là où ton corps a besoin de chaleur.
    Imagine un variateur de confort que tu fais doucement glisser vers « plus calme – plus souple ».
  3. Dis-toi intérieurement :
    À l’inspiration, je rassemble mes forces.
    À l’expiration, je relâche ce qui peut l’être.
  4. Visualise un lieu refuge et ancre cette sensation en pressant doucement le pouce et l’index.
  5. Conclus :
    Je n’ai pas à contrôler tout le trajet, seulement la prochaine vague.

Ce type de pratique est cohérent avec les programmes de médecine comportementale et intégrative [2][3].


En un mot : co-piloter sa santé


L’hypnose, articulée à la PNL et intégrée dans un parcours de soins, permet au patient de redevenir acteur de son vécu : moins de douleur, moins d’anxiété, une meilleure tolérance des traitements et davantage de sens au cœur de l’épreuve.


C’est aujourd’hui ce que confirment les grandes institutions américaines et la recherche clinique contrôlée [1][2][3][4][5][6][10].




—————————

Références – Sources clés



[1] NCCIH – National Center for Complementary and Integrative Health (NIH)

Hypnosis for health, pain and IBS

https://www.nccih.nih.gov/health/hypnosis


[2] Cleveland Clinic – Hypnotherapy in integrative care

https://my.clevelandclinic.org/health/treatments/22603-hypnotherapy


[3] MD Anderson Cancer Center – Hypnosis and integrative oncology

https://www.mdanderson.org/patients-family/diagnosis-treatment/care-centers-clinics/integrative-medicine-center.html


[4] Stanford University – Spiegel et al., neuroscience of hypnosis

https://med.stanford.edu/profiles/david-spiegel


[5] U.S. Department of Veterans Affairs – PTSD and hypnosis / guided imagery

https://www.ptsd.va.gov/understand/what/hypnosis.asp


[6] Montgomery GH et al. (2000, 2007) – Hypnosis and procedural pain, JNCI

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/10974055/


[7] Thompson T. et al. (2019). Hypnosis for chronic and experimental pain – Meta-analysis

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/30894215/


[8] Schnur JB et al. (2008). Hypnosis and distress during medical procedures

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/18268133/


[9] Tefikow S. et al. (2013). Efficacy of hypnosis for procedural anxiety – Meta-analysis

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/23570940/


[10] Elkins G. et al. (2008). Hypnosis for hot flashes in breast cancer survivors

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/18637636/


[11] Miller V. et al. (2015). Gut-directed hypnotherapy for IBS

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/25937830/


[12] VA Evidence Synthesis Program – Complementary approaches in PTSD

https://www.hsrd.research.va.gov/publications/esp/


[ 13] Jiang H. et al. (2017). Brain connectivity changes under hypnosis – Cerebral Cortex

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/28334303/


Comments

Popular posts from this blog

Le self-leadership , clé de voûte des RH et de la gestion du changement

  Le self-leadership , clé de voûte des RH et de la gestion du changement   Par Karima Guerfali Lazzem – Best Training Academy Introduction : Repenser le leadership RH en temps de transformation Dans un monde du travail en perpétuelle évolution, les rôles des RH ne se limitent plus à l’application des politiques ou à la gestion administrative. Ils sont devenus le cœur battant de la transformation organisationnelle. Dans ce contexte, le Self-leadership  s’impose comme une boussole essentielle – notamment pour les professionnels RH appelés à incarner le changement qu’ils souhaitent inspirer. Défini par Charles C. Manz comme « le processus d’influence de soi-même permettant de développer l’auto-leadership et la motivation personnelle nécessaires à la performance » (1), le self-leadership ou l'auto-leadership consiste à diriger depuis l’intérieur. Cela implique la régulation émotionnelle, l’alignement personnel et l’action intentionnelle. Pour les RH, ce n’est plus une ...

Self-Leadership as a Key to HR and Change Management

  Self-Leadership as a Key to HR and Change Management By Karima Guerfali Lazzem – Best Training Academy Introduction: Rethinking HR Leadership in Times of Change In today’s fast-changing world of work, HR roles are no longer limited to policy enforcement or administration. They’ve become the soul of organizational transformation. In this landscape, self-leadership emerges as an essential compass, especially for HR professionals who must embody the very change they wish to inspire. Defined by Charles C. Manz as "the process of influencing oneself to establish the self-direction and self-motivation needed to perform" (1), self-leadership is about leading from within. It involves emotional regulation, alignment, and intentional action. For HR professionals, it’s no longer optional or soft, it’s strategic. 1. Self-Leadership: The Inner Engine of Change Change management isn't just about new structures or strategic decisions. It's about p...

Civility & Social Responsibility: Towards Sustainable and Impactful Leadership

  Civility & Social Responsibility: Towards Sustainable and Impactful Leadership   By Karima Guerfali Lazzem, Best Training Academy   In a world evolving at a vertiginous pace—where social, environmental, and human challenges are becoming more complex—leadership can no longer be defined by the ability to achieve goals or manage teams alone. Leadership today—and even more so tomorrow—must be responsible, sustainable, and profoundly human. Two often underestimated levers are emerging as powerful catalysts for this new kind of leadership: civility and a deep commitment to social responsibility (CSR, ESG, ethical leadership).     Civility: Not about being "nice", but about being effective and inspiring Research by Professor Christine Porath (1), highlighted in her book Mastering Civility and her highly acclaimed TEDx talk (2), shows that everyday civility significantly ...